A | A+ | A++

Actualités

Le 21 décembre 2011

Le retrait de toutes les prothèses PIP oui, mais à quelles conditions ?

retrait de toutes les prothèses pip

 

Pour rappel, le 20 mars 2010, l’AFSSAPS interdisait la commercialisation de des prothèses de marque PIP après la découverte faite dans les locaux de la société POLY IMPLANTS les produisant et les commercialisant, d’une escroquerie visant à remplacer le gel de silicone à usage médical garnissant les prothèses par du gel de silicone industriel, et la diminution des enveloppes des prothèses, pour des raisons purement économiques.

 

Ces défectuosités ont entrainé la rupture prématurée de nombreuses prothèses et induit la propagation du gel de silicone ce qui a entrainé des réactions de nature inflammatoire, variables en gravité.

 

Cette situation a par suite conduit les autorités sanitaires à recommander aux porteuses un suivi régulier auprès de leur chirurgien et médecin traitant, et préconisait un retrait de toutes les prothèses présentant un risque de rupture, étant précisé qu’alors, il était simplement prévu la prise en charge de tels retraits, pour les personnes ayant bénéficié d’une chirurgie réparatrice.

 

L’accent était mis sur l’observation et le suivi des porteuses.

 

Un an et demie plus tard était constaté le premier décès de l’une des porteuses d’implants défectueux, 23 novembre 2011, des suites d’un lymphome, cancer rare du sein.

 

Même si à ce jour le lien direct et certain entre la survenance du cancer et la défectuosité de ses prothèses n’a pas encore été prouvé, il n’en reste pas moins que ce fait, couplé à la déclaration concomitante de 8 autres nouveaux cas de cancers chez des porteuses d’implants défectueux a suscité des craintes particulièrement importantes auprès des quelques 30 000 mille porteuses de ces prothèses en France, lesquelles souvent réunies en association, ont demandé aux pouvoir publics d’intervenir en urgence.

 

Après avoir dans un premier temps rappelé que rien ne permettait de conclure à un lien entre les cancers déclarés et la défectuosité de ces prothèses, le gouvernement, par la voix de son porte parole, Valérie PECRESSE a enfin reconnu le 20 décembre, que le risque que ces prothèses puissent être à l’origine des cancers déclarés ne pouvait toutefois être totalement exclu et qu’il convenait que les autorités sanitaires et sociales et l’INCA rendent leur avis, compte tenu des premiers cas observés.

 

Selon certains professionnels, dont notamment le professeur LANTIERI, le risque justifierait, au nom d’un principe de prévention, que les autorités sanitaires se prononcent en faveur d’un retrait systématique de ces prothèses, à toutes les porteuses.

 

Si cette décision est clairement attendue par les porteuses, elle ne règle nullement toutes les difficultés.

 

En effet, à ce jour il est prévu que si le coût afférent aux retraits, seraient bien pris en charge par la sécurité sociale, en revanche, celui induit par leur remplacement ne le serait que pour les seules porteuses ayant bénéficié d’une chirurgie reconstructrice, ce qui apparait d’autant moins acceptable que seules 20 % des porteuses seraient ainsi indemnisées.

Cette situation conduirait nécessairement certaines porteuses à ne pas faire procéder au retrait de leur prothèses, faute par suite de pouvoir avoir les moyens financiers de pouvoir procéder à leur remplacement.

 

S’il s’avérait que le lien entre la défectuosité des prothèses et les cas de cancers déclarés soit avéré, la proposition du SNCPRE qui voudrait proposer à la profession un tarif d’usage raisonnable, n’est pas satisfaisante car toutes les porteuses de ces prothèses, sont des victimes de l’escroquerie de POLY IMPLANT qui pourraient par suite également développer des cancers.

 

Dans un tel cadre, il apparaitrait difficilement admissible de refuser le rembourser tant du retrait que du remplacement à toutes les porteuses au prétexte du coût, tant il est clair que le traitement et la prise en charge de toutes les porteuses qui auraient développé un cancer, représenterait nécessairement un coût en terme financier, humain et matériel bien plus conséquent encore.

Contactez-nous

79, avenue de Ségur
75015 Paris
Tél : 01 72 71 86 22 ou 01 47 83 37 31
Fax : 01 77 72 18 83
Port : 06 68 02 17 61

» Accédez au formulaire de contact

Plan d'accès

Afin de mieux vous rendre à notre cabinet, utilisez le plan d'accès détaillé.

Actualités

Tenez-vous au courant des dernières actualités de votre avocat et du monde judiciaire.

Lettre d'informations

Afin de vous tenir informé des dernières nouveautés et informations de votre avocat, souscrivez à notre lettre d'informations.